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Le motet
Composition musicale vocale, généralement fondée sur
un texte sacré et originellement conçue pour être chantée
pendant les offices catholiques. Le motet naquit au début du XIIIe
siècle. Les compositeurs (parmi lesquels il faut citer Pérotin
et l'école de Notre-Dame) partaient souvent d'un passage de chant
grégorien, en allongeaient les valeurs des notes et y ajoutaient
d'autres voix. Ces compositions, qui étaient exécutées
pendant le chant dont elles étaient extraites, furent appelées
«clausules». Comme le segment de chant initial avait souvent
été écrit sur un mot ou une syllabe unique, il était
vocalisé dans toutes les parties de la clausule. Le motet apparut
lorsqu'on prit l'habitude de chanter les mélodies avec des mots.
Après 1250 environ, les motets devinrent de véritables compositions
à part entière. Leur principale caractéristique fut
la superposition de plusieurs textes, religieux et profanes, parfois dans
des langues différentes, avec l'utilisation d'un fragment de chant
grégorien pour la voix la plus grave. Au XIVe siècle, la
structure musicale des motets devint extrêmement complexe, faisant
appel à l'isorythmie, c'est-à-dire la répétition
de schémas rythmiques et mélodiques distincts mais enchevêtrés,
généralement interprétés par la voix de ténor.
Parfois, les voix supérieures furent même écrites simultanément
dans des mesures différentes. Le motet perdit de sa popularité
au début du XVe siècle, avec l'émergence d'un style
de musique plus mélodieux et plus léger. À partir
de 1450 environ, le motet connut un regain d'intérêt, devenant
un moyen privilégié d'expérimentation en composition
musicale, notamment grâce à J. Dunstable et G. Dufay. Les
motets du XVe et du XVIe siècle furent généralement
des compositions chorales sur un texte unique, avec une polyphonie uniforme.
Le compositeur flamand J. Obrecht (1450-1505) et Josquin des Prés,
puis Roland de Lassus et Palestrina, développèrent l'art
du motet polyphonique. Après 1600, toutefois, on employa des instruments
et des voix solistes, ce qui apparenta les motets à d'autres formes
musicales, comme la cantate ou les duos, comme chez C. Monteverdi ou F.
Cavalli. En France, Marc-Antoine Charpentier, Jean-Philippe Rameau et François
Couperin mais également Henry du Mont (1610-1684) ou Guillaume Nivers
(1631-1714) composèrent des petits et grands motets pour la chapelle
royale de Versailles. Après 1750, le motet disparut en tant que
tel. Certains compositeurs continuèrent toutefois, et ce jusqu'à
nos jours, à écrire des œuvres religieuses vocales qualifiées
de motets.
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